A.  Agnès Bauche et Auriane Corblin ont présenté les contributions du groupe d'habitants réunis le 8 octobre. Ces habitants avaient tous une expérience personnelle de la concertation, en ayant participé à au moins un exercice de ce type.
(vous trouverez ces exposés dans la vidéo 7' après le début)

Points saillants de la présentation, souhaits :

1. de ne pas être un alibi, (certains participants ont même signalé leur souhait d'être associé à un débat de fond sur la métropole, et pas seulement sur le thème "comment concerter ?"), cela dans un contexte global de défiance réciproque habitants/élus,
2. de clarté et de transparence, que les participants aux concertations sachent nettement ce qui est en débat, et ce qui peut être influencé par leurs contributions (la concertation ne saurait se limiter à des points mineurs),
3. que la concertation ne soit pas lancée trop tard, après que la décision a été prise,
4. qu'une cartographie objective de la population concernée soit établie, et que l'échantillon interrogé soit représentatif des habitants concernés,
5. qu'une information périodique sur la concertation et sur le projet soit effectuée, avant, pendant et après la concertation (quelles sont ses suites ?),
6. que des modes de communication efficaces permettent de mobiliser les habitants,
7. si le projet comporte des aspects techniques, que les habitants qui participent à la concertation reçoivent une formation leur permettant de bien analyser le projet,
8. que le contexte (dans le temps, dans l'espace) et le sens du projet (intérêt général) soient explicités,
9. que des organisations intéressées et des habitants formés à la concertation puissent être associés à la concertation,
10. que les élus expliquent ce qu'ils ont finalement décidé et pourquoi ils n'ont éventuellement pas suivi telle ou telle préconisation des habitants,
11. que la concertation soit réservée à des sujets particulièrement importants,
12. qu'un jury indépendant puisse être saisi en cas de doute sur la sincérité d'une opération,
13. que la formation à la concertation soit généralisée (dès l'école),
14. que des liens soient tissés entre les divers territoires de la métropole.

B. Des élus métropolitains, Patricia Tordjman, maire de Gentilly et Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois, ont présenté leurs expériences :
(vous trouverez ces exposés dans la vidéo 18' après le début)

Patricia Tordjman a présenté 2 expériences, en insistant notamment sur l'association des habitants à la rénovation urbaine de leur quartier. Ce travail de long terme a comporté un référendum populaire, marqué par un taux d'approbation élevé (80%) du projet finalement retenu.
Olivier Klein a particulièrement souligné les attentions portées à la mise en place du conseil citoyen. Pour aller chercher les publics habituellement éloignés, la mairie s'appuie par exemple sur des réunions de cage d'escalier, d'appartement, ainsi que sur les délégués de classe élus au collège et au lycée. Là aussi la concertation s'effectue avant la finalisation de la décision, et même à partir d'une page blanche, sans a priori (exemple de l'aménagement d'un terrain).

C. Benoît Dorais, élu montréalais, a témoigné du fait que des règles de qualité et leur application professionnelle (comme pratiqué par l'Office de Consultation Publique de la métropole québécoise) sont utiles. Il considère que la concertation est une ressource pour la décision publique, et que ses avantages (amélioration de la décision, appropriation du projet par les habitants concernés, accès accru pour les habitants à la connaissance de leur environnement et meilleures capacités d'action, restauration de la confiance) sont supérieurs à ses inconvénients (allongement des délais de décisions et coûts d'organisation de la concertation).
(vous trouverez cet exposé dans la vidéo 43'50' après le début)

Ces règles, qui apportent des réponses aux interrogations habituelles sur la concertation, et permettent la crédibilité, peuvent être résumées ainsi :

1. recours à la concertation quand les enjeux le justifient, à l'initiative des élus ou des habitants (pour la ville de Montréal, il faut que 15 000 habitants le demandent par pétition, ce qui a par exemple été le cas pour le thème de l'agriculture urbaine),
2. nomination de commissaires neutres,
3.  cartographie objective des habitants et territoires concernés. Dans le cas de Montréal (1,5 millions d'habitants), l'aire de concertation, qui varie pour chacune des opérations, peut :
- ne concerner qu'une sous- partie de cette ville,
- s'étendre à l'agglomération (2 millions d'habitants), voire même à la métropole (3,9 millions),
4.  mobilisation inventive des habitants. Ceux qui sont effectivement mobilisés, et qui sont aussi représentatifs que possible, bénéficient de tous les éléments d'information utiles à leur connaissance du projet,
6. implication réelle desdits habitants, qui sont mis en situation de s'approprier les tenants et aboutissants du projet, d'y réfléchir individuellement et collectivement,
7. publication des contributions et explication de l'exécutif quant à ses décisions, qu'elles correspondent ou non aux contributions. L'explication est donnée lors de la réunion du conseil municipal qui statue sur le projet. L'administration peut aussi  décider de formuler ses explications lors d'une réunion publique.
Chacune des concertations est ainsi une opération particulière, avec un périmètre spécifique de participants, et une attente forte de la part des diverses parties prenantes. Au total, crédibilité et pertinence des échanges.
 

D. Philippe Laurent, maire de Sceaux, en charge du Codev de la Métropole du Grand Paris, a décrit les principes et la composition de cette structure
L'objectif est de mettre en place une structure consacrée au long terme, qui mobilise des personnes physiques ayant approfondi les questions métropolitaines ainsi que 24 habitants tirés au sort (un homme et une femme pour chacun des 12 territoires).

(vous trouverez cet exposé dans la vidéo 73'35 après le début)

E. Les échanges, très nourris, ont permis de souligner les points suivants :
(vous trouverez cette partie dans la vidéo 88' après le début)

- l'importance du travail pédagogique préalable aux débats lorsque les sujets sont complexes,
- la nécessité d'aller vers les habitants, les usagers, qui éprouvent parfois le "syndrome de l'imposteur" (parole de Benoît Dorais), ne se sentent pas autorisés à intervenir, alors que leur témoignage est crucial, et qu'ils ne sauraient être véritablement représentés, à ce stade, par aucun responsable d'organisation,
- un doute exprimé par Marie-Catherine Bernard, de l'agence de concertation Palabréo, quant à la possibilité pour le Codev de la MGP de permettre aux habitants d'être représentés par 24 d'entre eux : "si on veut des habitants, il faut organiser des discussions générales avec les habitants, de grands débats",
- le fait que "la démocratie, c'est du boulot" (parole d' Agnès Bauche), et qu'elle requiert une implication, des apprentissages, du temps,
- la nécessité de mettre en interaction les divers espaces métropolitain, de la proximité aux grands périmètres.
- les représentantes d'habitants ont souligné l'accord des habitants qu'elles représentaient pour contribuer aux réflexions futures, et l'intérêt qu'il y aurait à organiser des réunions à thème.

 

 

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