Le 23 mars 2018, le Bureau du Forum recevait le député Gilles Carrez, avant son audition par le Bureau de la Métropole du Grand Paris, sur la mission sur le financement du Grand Paris Express et des besoins d'emplois de la Société du Grand Paris. Il a été chargé par le Premier Ministre de formuler des propositions visant à l’augmentation des ressources affectées à ce projet dès lors que le niveau de l’emprunt, prévu dans son modèle économique initial, a été considéré comme trop élevé par la Cour des Comptes. Gilles Carrez a consacré son intervention à la présentation des premières pistes issues de sa réflexion avant de répondre aux interrogations et propositions des élus du Bureau.

Maîtriser les coûts ligne par ligne

Compte-tenu des réévaluations successives depuis 2013 et des contraintes de délais obligatoires liées à l’obtention des Jeux Olympiques 2024, le coût du Grand Paris Express est aujourd’hui estimé à 35 milliard d’euros. Dans une première observation, Gilles Carrez a rappelé la nécessité de mener le projet en insistant sur la maîtrise des coûts.

Dans un second temps, le député du Val-de-Marne a démontré qu’à ce jour, les recettes propres annuelles de la SGP s’élevaient à près de 500 millions d’euros. Afin de financer l’ensemble du réseau, la mission s’est donné comme objectif de trouver des recettes supplémentaires à hauteur de 250 millions d’euros par an, dès 2019.

De nombreuses pistes régionales pour augmenter les ressources propres de la SGP

Outre la possibilité d’augmenter le produit des recettes existantes, plusieurs pistes à l’étude permettraient d’engendrer de la recette supplémentaire à l’échelle de la Région Île-de-France :

·         Une surtaxe de séjour sur la Région Île-de-France, dont la concentration de celle-ci sur Paris, Marne la Vallée et sur les zones aéroportuaires impliquerait des négociations préalables.

·         La création d’une écotaxe régionale ou, à défaut, une majoration régionale de la TICPE de sorte que le transport routier individuel et le transport de marchandises irait financer une partie du réseau GPE.

·         La taxation des plus-values immobilières qui devraient bénéficier de la réalisation des nouvelles gares sur les territoires.

·         L’affectation d’une partie du Fonds de péréquation interdépartemental des DMTO, en grande partie abondé par les départements franciliens.

Les élus du Bureau ont remercié Gilles Carrez pour la clarté de son propos et ont soulevé un intérêt particulier pour les propositions visant à taxer le transport routier individuel et les plus-values immobilières.

Enfin, le député du Val-de-Marne a rappelé que toutes les propositions à l’étude ne continueront à être financées que par  le contribuable francilien. Les élus du Bureau ont insisté sur la poursuite du travail pédagogique à mener vis-à-vis des élus des collectivités territoriales hors Île-de-France afin d’obtenir leur soutien pour mener à terme le projet du GPE.